L'idée est d'associer des entreprises d'horizons différents : économie créative et culturelle avec un groupement d'acteurs culturels bordelais, culture urbaine avec le projet d'un skate-parc intérieur "éco-conçu" de 2 500 m2, communication et nouvelles technologies avec une agence de marketing publicitaire et une société d'imagerie virtuelle.
L'Agence régionale de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et l'Institut français pour la performance énergétique du bâtiment pourraient aussi s'y installer. Des associations et des commerces sont attendus : crèche éco-responsable, commerces et restaurants bio, boutique consacrée à l'éco-mobilité.
Les concepteurs ont imaginé des espaces publics, des rues et jardins. En point d'orgue, une "cathédrale
d'eau", vaste citerne intérieure d'eau de pluie qui servira aussi de parcours pédagogique et de lieu de réception. Il est prévu que les entreprises résidentes partagent la logistique, des
services aux personnels et des espaces de réunion. Au final, une vingtaine de sociétés et une quarantaine d'associations sont attendues
sur le site.
Cette structure atypique, inspirée des éco-quartiers du monde entier, doit s'installer à l'extrémité d'une caserne aujourd'hui désaffectée, à la Bastide, sur la rive droite de la ville. L'éco-quartier s'étendra sur 30 hectares dans le cadre d'une zone d'aménagement concerté et sera l'une des réalisations phares du nouveau projet urbain de la ville. Darwin occupera environ deux hectares dans les anciens magasins généraux de la caserne Niel.
Ce projet un peu fou est porté par une poignée d'acteurs locaux. A sa tête, un natif de la rive droite,
Philippe Barre, membre du Centre des jeunes dirigeants, à la tête d'une agence de publicité pas comme les
autres, et d'une holding d'entreprises innovantes. Après deux ans de recherche, il est tombé sur l'ancienne caserne Niel.
Le projet est vite devenu emblématique pour Bordeaux et l'agglomération. Il avait été retenu parmi ceux
présentés par la Ville pour sa candidature de capitale européenne de la culture en 2013. Sir Bob Scott, le président
du jury, avait été conquis et, aujourd'hui, il fait partie du comité de soutien de Darwin, comme Serge Orru,
directeur général de WWF-France, le paléoanthropologue Pascal Picq, ou encore George Kell, directeur exécutif du Global Compact, un
programme des Nations unies destiné à promouvoir l' entreprise écologique.
Malgré ces soutiens, les initiateurs, jugés "trop rêveurs", ont dû hausser le ton pour obtenir l'engagement ferme de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB). "C'est vrai, reconnaît Michèle Laruë-Charlus, directrice de l'aménagement à la mairie de Bordeaux et soutien indéfectible du projet, "les Darwin ne sont pas des promoteurs immobiliers classiques, avec une batterie d'investisseurs, de comptables, de géomètres. Mais, en période de crise, poursuit-elle, ce projet est une alternative unique et le garant d'une bonne image pour le futur éco-quartier de la Bastide."
